Photos intimes diffusées sans votre accord : que faire ?
La diffusion non consentie d'images intimes est un délit grave. Voici les démarches d'urgence pour protéger votre dignité et vos droits.
⚠️ Si vous êtes en situation d'urgence : appelez le 3018 (numéro national contre le cyberharcèlement, gratuit et anonyme) ou rendez-vous sur pharos.gouv.fr pour signaler les contenus.
Ce que dit la loi française
Depuis la loi du 7 octobre 2016, l'article 226-2-1 du Code pénal punit la diffusion de contenus à caractère sexuel sans le consentement de la personne représentée. Les peines encourues sont lourdes :
- 2 ans d'emprisonnement et 60 000 € d'amende
- Peines aggravées si la victime est mineure
- Le simple fait de conserver des images dans le but de les diffuser est punissable
- Les plateformes qui ne retirent pas les contenus signalés engagent leur responsabilité
Cette loi s'applique quelle que soit la manière dont les images ont été obtenues : photos prises avec votre consentement dans un contexte privé, images volées, captures d'écran d'appels vidéo, ou contenus générés par intelligence artificielle (deepfakes).
Les démarches d'urgence
1. Constituer des preuves
Avant toute chose, capturez les preuves : faites des captures d'écran des contenus, des profils diffuseurs, des URL et des dates. Si possible, faites constater par un huissier de justice (ou commissaire de justice) pour donner une valeur probatoire à ces éléments. N'effacez rien vous-même avant d'avoir sécurisé les preuves.
2. Signaler et demander le retrait
Utilisez les formulaires de signalement des plateformes (Facebook, Instagram, X, Snapchat, TikTok). Toutes disposent d'une procédure accélérée pour les contenus intimes non consentis. Vous pouvez aussi signaler sur pharos.gouv.fr pour que les autorités interviennent directement auprès des hébergeurs.
3. Porter plainte
Rendez-vous dans un commissariat ou une gendarmerie pour déposer plainte. Vous pouvez aussi adresser une plainte directement au procureur de la République. Munissez-vous de toutes vos preuves. Si le commissariat refuse de prendre votre plainte, insistez et demandez un récépissé. Vous avez le droit absolu de déposer plainte.
4. Saisir la CNIL
En parallèle de la plainte pénale, vous pouvez saisir la CNIL pour faire valoir votre droit à l'effacement (article 17 RGPD). La CNIL peut intervenir directement auprès des sites et plateformes hébergeant les contenus.
Ressources et accompagnement
3018
Numéro national contre le cyberharcèlement — gratuit, anonyme, 7j/7
StopFisha
Association spécialisée dans l'aide aux victimes de revenge porn
PHAROS
Plateforme de signalement des contenus illicites en ligne (pharos.gouv.fr)
e-Enfance
Protection des mineurs en ligne — 0 800 200 000
Aide juridictionnelle
Si vous n'avez pas les moyens de financer un avocat, vous pouvez en bénéficier
Si les contenus continuent de circuler malgré vos signalements, un avocat spécialisé en droit du numérique peut obtenir une ordonnance de référé pour forcer le retrait en urgence. Cette procédure peut aboutir en quelques jours.
Reprenez le contrôle de vos données
oubli.me vous aide à identifier et supprimer vos données personnelles exposées sur internet.
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